Niger : une répartition budgétaire au profit des inégalités

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16 octobre 2019

Niger : une répartition budgétaire au profit des inégalités

Ça y est, le budget 2020 a été présenté à l’Assemblée nationale du Niger. Un peu plus de 2 200 milliards de Francs CFA, un budget « équilibré en ressources et en dépenses ». Ne vous inquiétez pas, cette réplique revient souvent, un symbole de transparence peut-être ? 😜 
Par rapport à l’année dernière, ce budget a connu une hausse de quelque 108 milliards de Francs CFA. Personnellement, je ne sais pas trop comment tout ça est organisé, mais je sais qu’en cette période d’austérité, tout le monde est un peu fauché, pareil pour l’État.

Qu’est-ce qu’un budget gouvernemental ?

On va faire très simple : le budget est un document récapitulatif des recettes et des dépenses prévisionnelles déterminées et chiffrées pour un exercice comptable à venir (généralement l’année). Merci Wikipédia 😅 En gros le budget est une prévision de recettes et de dépenses.

Un budget déséquilibré en priorités et accessoires

Chez nous, le budget sert essentiellement aux dépenses de fonctionnement de l’État. Tenez par exemple : une année, dans la partie du budget alloué à l’Assemblée nationale, la rubrique « papier hygiénique » avait été anormalement gonflée. Même si vous êtes totalement libre de vos choix, il paraîtra tout de même bizarre que vous dépensiez une grosse portion de votre salaire dans du papier toilette.

Pour le cas de notre Assemblée, j’ai totalement le droit d’imaginer tout ce que je veux comme c’est une institution publique. Moi je dis que soit la cuisine de cette institution était dirigée par un chef 😈 spécialiste des plats hyper laxatifs, soit nous avons élu une bande de vieux souffrant de flatulence dégénérative…Bref.

La répartition budgétaire au Niger

Répartir équitablement le budget d’un pays pauvre comme le mien est un jeu d’équilibre entre hyènes et vautours, chacun veut avoir la plus grosse part, quitte à mordre le crâne de son voisin souffrant de calvitie pensant à quelque chose de bien dodu 😋
Et évidemment, c’est le président qui se taille la part du lion, 139 milliards pour sa sécurité ils ont dit. La primature se sert une sorte de Gou Bu Li Bao Zi, un plat chinois succulent, même si j’y ai jamais goûté, mais à l’argument de vente est assez disruptif. Je vous laisse découvrir dans cette courte vidéo.

En réalité, tout le monde à le droit de picorer dans une assiette budgétaire, puisqu’elle repose sur les finances publiques pour lesquelles chaque citoyen à le droit de regard. Et ce d’autant plus qu’il est largement financé par des systèmes de dettes. He oui! même si vous n’avez pas englouti la moindre bouchée, sachez que c’est à vous de payer l’addition. En 2017, la dette publique du Niger se chiffrait à plus de 1985 milliards de FCFA, autrement dit chaque nigérien doit environ 94 000 francs CFA à un bailleur de fonds quelque part dans le monde.

Des choix budgétaires incompréhensibles

Voyez le Niger comme un énorme chômeur qui croule sous les dettes. Mais au lieu de penser emploi, santé ou éducation, il s’endette pour acheter du papier hygiénique, entre autres. Les services sociaux de base sont en réalité les grands orphelins de nos politiques publiques. Cette année, le montant prévu pour payer les milliers d’agents de santé communautaire est de 7,2 milliards contre 18 milliards pour les dépenses globales d’une Assemblée qui ne compte que 171 députés. Dans ce même budget, le montant prévu pour la prise en charge des pécules des agents de l’éducation est équivalent à la somme alloué au fonctionnement de la primature; respectivement 69 et 60 milliards. Vous trouverez plus de détails sur ce lien.

Largement incomplet, cet article vous donne des bribes d’informations de part le ressenti de citoyens qui ne maîtrisent pas forcément les rouages complexes de l’économie. Cependant, je pense que, plus globalement, les orientations retenues dans le budget sont déterminantes pour les politiques publiques. Il est donc essentiel qu’elles soient analysées et discutées dans le débat public.

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