Covid-19 : brève revue de la pandémie au Niger

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8 juin 2020

Covid-19 : brève revue de la pandémie au Niger

Des incendies en Australie, les prémices d’une troisième guerre mondiale avec la mort du général Soleimani, la pandémie de la Covid-19 et maintenant une révolte bien vénère après le meurtre de George Floyd par la police américaine. Y a pas à dire, 2020 sera une année ou il y aura des dates à retenir, particulièrement pour les étudiants qui n’ont pas encore passé leurs examens 👨‍🎓
Pourtant on est qu’en juin hien!! Je me demande ce que nous réserve les prochain mois 🤔
Un débarquement aliens qui sait 👽👽?


Bref, je m’arrête un peu pour recadrer le sujet. Aujourd’hui on va parler de quelques interrogations suscitées par la pandémie du coronavirus au Niger.

D’abord, se rafraîchir la mémoire

Cette carte interactive disponible sur le site du ministère de la santé du Niger, nous renseigne sur l’évolution globale de la maladie. Pour rappel, le Niger a enregistré son tout premier cas le 19 mars 2020. Deux mois plus tard, après quelques mesures d’isolement, la maladie semble se stabiliser. En effet, même si la Covid-19 a connu une évolution en dents de scie au Niger, il faut dire que le nombre de cas confirmés à significativement baissé. On est passé de plus 64 cas confirmés en une journée (le 8 avril 2020) à presque zéro dans le courant de cette semaine.

Une baisse qui évidemment permet à l’État d’ouvrir les écoles, de même que les bars, les restaurants et les lieux de culte.

Il est désormais interdit de vendre de la nourriture à l’école !

Une élève en classe au Niger - CC (U.S. Air Force photo by Staff Sgt. Alex Fox Echols III)
Local school children attend a dental hygiene course in the village of Tsakatalam, Niger, Dec. 14, 2019. (U.S. Air Force photo by Staff Sgt. Alex Fox Echols III)

Fermés depuis le 20 mars, les établissements scolaires ont réouvert ce 1er juin. Cependant, l’État a insisté sur certains points. Le lavage des mains, le port de la bavette et manger en classe sont obligatoires puisqu’il n’est plus permis de vendre de la nourriture dans les cours d’écoles mais aussi plus permis aux élèves de sortir pour la traditionnelle récrée. A première vue, cette mesure est plutôt une bonne chose, puisqu’il s’agit de protéger les enfants contre de potentielles contaminations.

Cependant, vivant dans un pays pauvres, beaucoup d’élèves partent à l’école le ventre vide. Et je pense que regarder ces copains manger en classe alors qu’on a rien à se mettre sous la dent doit être une chose pénible à vivre, autant pour les élèves que les enseignants. Chacun devra se débrouiller, une situation qui risque de stigmatiser beaucoup d’élèves dont les parents vivent sous le seuil de pauvreté. Et même pour les enfants qui viennent avec leur nourriture en classe, il est clair que les plats des uns seront plus riches que ceux des autres. Ce qui peut engendrer une forme de « battle » autour de « qui à la gamelle la plus garnie ?» avec toutes les conséquences que l’on sait.

L’une des solutions aurait été que l’État prenne en charge la cantine d’au moins tous les établissements d’enseignement publiques. Mais quand on voit qu’il n’a même pas pu fournir une bavette pour chaque élèves, je vois mal comment il pourrait correctement nourrir tous les enfants.

Des essais cliniques contre la Covid-19 dans les écoles ?

Cette histoire de vaccination dans les écoles de Niamey devient vraiment sérieuse. Ce matin on signale des faits à l'école Primaire Dar- Es- Salam 3

Publiée par Bana Ibrahim sur Jeudi 4 juin 2020
Un post Facebook du 04/06/2020 notifiant cette supposée campagne de vaccination

C’était une fake news qui s’est propagée cette semaine à Niamey, la capitale du Niger. Selon certaines personnes, des « vaccinateurs » auraient enfermé des élèves dans les salles de cours. Résultats: les parents d’élèves ont rapidement rappliqué en retirant leurs enfants des établissements concernés. Une rumeur qui à rapidement été démenti par le ministère de la santé.

« Nous tenons à rassurer les parents d’élèves, l’ensemble de la communauté nationale qu’aucune campagne de vaccination n’a été entreprise ces jours-ci. Il s’agit en fait des fausses rumeurs relayées par des personnes distillateurs de toutes sortes d’informations sur la toile ».

Dr Souley Rabi Maitournam, directrice des immunisations au ministère de la Santé publique, au cours d’un point de presse le 4 juin 2020.

Cette situation risque en tout cas de renforcer la suspicion autour des centres de santé. En effet, il faut rappeler que depuis le début de cette crise, il a été observé que la population nigérienne évite les hôpitaux par crainte d’une contamination.

Une économie à terre

Baisse économique / Source: pixabay – CC0

Depuis l’adoption d’une batterie de mesures, au lendemain de la confirmation du premier cas de la Covid-19, plusieurs secteurs économiques ont été touchés. Selon l’Association des professionnels du tourisme et de l’hôtellerie du Niger, le secteur de hotellerie à du mettre 70% de son personnel au chômage. Globalement, les entreprises privées auraient mis au chômage 50 % de leurs salariés, avec toutes les conséquences que cela implique. Les détails dans cet article.

Mais cette fois-ci, l’État a répondu présent et affirme pouvoir apporter une aide via une ligne de crédit de 150 milliards de F CFA au PME et PMI ayant été affectées par la pandémie. Alors même que l’Etat criait à l’austérité ces dernières années, on est en droit de se poser la question suivante : mais d’où viennent tous ces milliards des plans plans de relance suite au coronavirus ? 🤔

La Covid-19 au service de la répression

Une personne en prison / Source : pxfuel

Cette pandémie a presque été du pain béni pour les autorités du Niger et globalement pour tous les gouvernements qui ont la « chicote facile ». Moi qui me plaignais de l’absence de lois réglementant le cyberespace, je peux dire que le gouvernement vient de faire une rentrée fracassante.

Pendant que les voleurs et criminels circulent à Niamey ,je suis convoqué a la PJ pour ma publication sur la vérification des vaccinations

Publiée par Abbas Abdoulaziz Tanko sur Jeudi 4 juin 2020
Un utilisateur de Facebook dénonçant sont interpellation par la police

L’article 31 de cette loi adoptée en 2019 condamne « la diffusion, la production et la mise à la disposition d’autrui des données pouvant troubler l’ordre public ou portant atteinte à la dignité humaine par le biais d’un système d’information ». Ce qui est plutôt une bonne chose, sauf que le gouvernement utilise cette loi pour museler les voix dissidentes, et non pour la protection de l’ordre public. En effet, une dizaine de personnes ont été arrêtées entre le mois de mars et avril sous le coup de cette loi sur la cybercriminalité. D’ailleurs Amnesty International la considère comme « un instrument de répression des voix dissidentes ».

Un post Twitter dénonçant une arrestation liée à la Cavid-19

« La Covid-19 est un complot contre l’islam »

C’est pas moi qui le dit 🤐 mais un document dénommé « Étude sur les Déterminants de la Résistance de la Population face à l’Existence de la Maladie de la COVID 19 et au Respect des Mesures Barrières à Zinder ». Cette étude commandée par le Comité de Réflexion et d’Appui à la Gestion de la COVID-19 s’appuie sur un sondage effectué auprès de 200 individus vivant dans la régions de Zinder. Cette région du Niger constitue désormais l’épicentre de la pandémie au Niger. Et l’une des causes est le fait que l’écrasante majorité de la population de cette région rejette les discours officiels autour de la Covid-19.

Cette étude a donc démontré que les principales causes du refus des gestes barrières sont essentiellement dus à l’ignorance et en la croyance au théorie du complot.

Par exemple, « chez les leaders religieux, c’est la théorie du complot contre l’islam qui a été beaucoup plus évoquée mais chez les leaders coutumiers la non croyance à l’existence de la maladie trouve sa justification dans l’ignorance » peut-on lire. Par contre, chez les personnes ordinaires « la raison la plus évoquée est le manque de témoignage. C’est-à-dire le manque de cas vus à la télévision, entrain de témoigner ». Vous pouvez télécharger l’intégralité de l’étude sur ce lien.

Pendant ce temps… les avions continuaient à voler

L’ancien aéroport de Niamey / Source : Wikipédia

Depuis la fermeture des frontières (le 19 mars 2020) 115 vols ont été reçus avec 2 145 passagers pris en charge, a indiqué le gouvernement nigérien dans un communiqué officiel. Comme on pouvait s’y attendre il s’agissait des vols de rapatriement des nigériens bloqués à l’étranger à cause de la fermeture des frontières. Mais absolument pas d’occidentaux imbibés au coronavirus scandant points levés « contagions! »…lol

Voilà quelques points que je tenais à partager avec vous sur l’évolution de la Covid-19 au Niger. D’ici là, n’oubliez pas de laver régulièrement vos mains!!

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