Au Niger, la cherté d’internet pose des problèmes de sécurité informatique

La sécurité des systèmes informatiques est l’ensemble des moyens humains, économiques, matériels ou immatériels mobilisés dans le but de protéger et d’assurer l’intégrité du système d’information.
Le système d’information est la source qui collecte, traite et diffuse l’information en général grâce à un ordinateur. Si votre informateur (ordinateur) n’est pas viable, c’est tout ce que vous aurez dit ou fait qui sera couvert de soupçons et remis en cause.

Depuis quelques années, l’utilisation de systèmes informatiques dans la production et la sécurisation d’informations de toutes natures s’est développée à tous les niveaux. La sécurité informatique est donc très vite devenue le domaine d’État. L’exemple récent de l’ingérence russe dans la politique américaine en est la preuve.

C’est quoi le lien avec la cherté d’internet au Niger ?

Au Niger, très peu de personnes utilisent un système d’exploitation Linux ou Mac OS, réputés pour la solidité de leur architecture logicielle. C’est d’ailleurs globalement la même chose dans le reste de la planète.
Au Niger, la cherté de l’accès internet combiné à la mauvaise qualité de celui-ci transforme rapidement l’ordinateur en incubateur de programmes malveillants. Parce-que l’ordinateur n’est plus en mesure de correctement télécharger d’importantes mises à jour de façon régulière.

Lorsque la connexion internet est de mauvaise qualité, le plus souvent, l’ordinateur se trouve dans l’impossibilité de télécharger des correctifs de sécurité. Mais dans le cas où l’accès est excellent, il télécharge en moins de 5 minutes un forfait d’un dollar. Ce qui oblige beaucoup d’utilisateurs à empêcher manuellement le téléchargement des mises à jour.

Personnellement, j’ai dû interdire tout processus de mise à jour principale sur mon système. Je garde active cette fonction uniquement pour les antivirus. En plus, avec l’arrivée de Windows 10, télécharger une mise à jour devient encore plus « datavore ». En gros Microsoft dit à Windows 10 de partager des fichiers volumineux vers plusieurs autres machines en utilisant votre ordinateur principal et donc vos datas. Les raisons sont expliquées ici. Ceci a suscité de nombreuses critiques et des révoltes de consommateurs à travers le monde.

Quels sont les entités touchées par ces problèmes d’insécurité ?

Les principales victimes sont évidemment les particuliers. Cependant, la plupart des administrations publiques de l’État au Niger connaissent les mêmes embûches.
Dans l’institution ou j’effectue mon stage, tous les PC sont infectés, à tel point que personne ne branche son support de stockage (clef USB et autres). Les documents les plus importants sont stockés dans nos propres machines. Ce qui amplifie d’avantage la lourdeur administrative.

Cette problématique crée aussi des coûts supplémentaires dans la gestion de plusieurs organisations.
D’un point de vue économique, toutes les organisations publiques ou privées disposant d’un parc informatique relativement important, sont obligées de financer de grosses opérations de maintenance fréquemment. L’infection devient si grave, au bout d’un moment, que l’ordinateur devient impossible à exploiter.

Cependant, les pertes occasionnées ne restent pas seulement pécuniaires. Beaucoup de documents administratifs, techniques, etc. disparaissent aussi dans la foulée ou se retrouvent entre les mains d’individus souvent sans scrupules. Évidemment, en regardant la conjoncture économique locale, on ne peut pas en vouloir aux startups n’ayant pas pu investir dans la sécurité de leurs matériels informatiques.

Il faut aussi savoir que l’Afrique n’est pas épargnée par les attaques de pirates de par le monde.
Ce graphique illustre la nature des attaques de même que leur proportion exprimée en pourcentage.
Les attaques recensées concernent principalement :

  • Les Chatbots, c’est-à-dire les agents de conversation en ligne
  • L’accès aux ressources : la lecture et l’écriture de fichiers sur votre disque dur
  • Le transfert de documents : c’est-à-dire le vol de documents
  • Autres : Toutes les autres formes de piratages qui n’ont pas été listées

S’il n’y a pas beaucoup de vols de documents, c’est probablement parce qu’il n’y a pas suffisamment d’entreprises en Afrique. Cependant, la nature de la plupart des attaques n’est pas connue. On peut donc inclure beaucoup d’autres programmes malveillants.

Ma conclusion

Nous avons vu que tout le monde était touché par ces questions d’insécurité causées par un accès onéreux et de mauvaise qualité à internet au Niger et probablement dans beaucoup de pays d’Afrique. Cette faiblesse vient fragiliser encore plus un écosystème numérique en train de réaliser ses premiers pas sur le continent. Je n’irai pas jusqu’à affirmer que nos États courent le risque de se faire pirater par des groupes de bidouilleurs. Mais je reste quand même assez perplexe lorsque je jette un coup d’œil sur les piratages qui ont marqués l’année 2016. Beaucoup de pays, pourtant moins laxistes que les nôtres sur les questions de sécurité informatique, ont été touchés.

Évidemment aujourd’hui une petite mise à jour ne suffit pas pour se protéger d’un espionnage organisé par des États. Mais à l’échelle individuelle, il a été prouvé que se protéger contre les failles de sécurité courantes a toute son importance.

Internet reste globalement un remède contre plusieurs handicaps. Mais lorsqu’il est cher et de mauvaise qualité, il devient la source d’autres handicaps et d’autres difficultés.

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