Le code informatique à la rescousse de l’école nigérienne

Au Niger, comme partout dans le monde, l’éducation reste l’un des piliers fondamentaux pour s’assurer un avenir socioéconomique. Cependant, malgré les efforts déployés sur plusieurs années, la population du Niger reste analphabète à plus de 70%.

L’analphabétisme est endémique, en plus d’être amplifié par des décrochages scolaires qui sont légion. Le postulat actuel est clair : l’école nigérienne fait face à des lacunes abyssales et le gouvernement reste, quoiqu’on dise, totalement démuni face à ces problématiques.

Dans ce billet, je vous propose de découvrir comment l’enseignement du code informatique pourrait consolider le système éducatif actuel.

Contexte général de l’ école nigérienne

Le Niger, avec un PIB par habitant de 447 dollars en 2018, est l’un des pays les plus pauvres de la planète. Les caisses de l’État étant vides, des secteurs prioritaires tels que l’éducation sont souvent relégués au second plan. Le gouvernement s’endette, mais ne parvient même pas à équiper les locaux de ses fonctionnaires.

Ajoutez à cette équation des acteurs qui détournent les deniers publics ce qui, par ricochet, perturbe aussi le système éducatif ainsi que des grèves récurrentes d’enseignants et vous avez une panoplie d’approches scolaires ou d’expérimentations qui se soldent par des échecs. Je pense que si cette situation perdure, c’est parce qu’il y a beaucoup d’acteurs qui interviennent avec très souvent des intérêts opposés.

Aujourd’hui, l’école nigérienne agonise et les chiffres le démontrent. On assiste à une baisse de niveau généralisé du corps enseignant même. En effet, sur 56 444 enseignants évalués en 2017, 18 937 ont obtenu une note supérieure ou égale à 10/20, soit 33,6% ; 47% des candidats ont obtenu une note supérieure à 05/20 et 20,3% une note inférieure à 05/20.

Au Niger, 90 à 96% des élèves du Cours Préparatoire (CP), âgés de huit à neuf ans, et ceux du Cours Moyen deuxième année (CM2), âgés de 12 à 13 ans, n’ont pas le niveau requis pour comprendre les enseignements de Français et des Mathématiques.
L’école nigérienne fait également face au problème de contenus dont on dit ne pas être appropriés. Beaucoup de personnes souhaiteraient, par exemple, que les enseignements d’histoire ou des mathématiques soient plus centrés sur les réalités nationales.

Bref, il existe tout un faisceau d’éléments qui entravent le bon fonctionnement de l’école nigérienne, d’où les innombrables décrochages scolaires. C’est donc pour ça qu’il faudrait penser à récupérer toutes ces personnes déscolarisées très souvent suite à des dysfonctionnements d’ordre étatiques. Évidemment pour moi, cette alternative sera liée au numérique. Elle passera donc par l’enseignement du code informatique à toutes les personnes éjectées des bancs de l’école en leur proposant d’autres possibilités d’apprentissage.

Qu’est-ce que l’enseignement du code informatique va apporter ?

Le code informatique est un ensemble de langages de programmation utilisées pour la conception de logiciels et autres programmes informatiques.

Pour moi, l’enseignement du code informatique au Niger sera un peu une école de la deuxième chance pour celles et ceux qui le désirent. Même si l’on entend souvent dire que l’apprentissage du code est difficile, il faut quand même savoir qu’il existe un panel assez large de langages plus ou moins accessibles. Tout dépendra en fait de l’objectif que l’on se fixe soi-même. Et comme dans toute autre langue, l’essentiel c’est d’arriver à se faire comprendre.

Passons en revue quelques avantages que la programmation informatique pourrait apporter de manière générale aux déboutés de l’école nigérienne.

D’abord, il va apporter des connaissances pratiques qui susciteront beaucoup plus l’attention des apprenants. En effet, ces derniers seront très vite conscients du fait que même s’ils n’obtiennent pas de diplôme, les connaissances qu’ils auront acquises pourraient leurs permettre de gagner leur vie. Car, au Niger, malgré tous les obstacles qu’un élève doit franchir jusqu’à la fin de ses études, décrocher un emploi peut relever du miracle.

Ensuite, l’enseignement du code informatique pourrait aussi permettre de changer la vision qu’ont les jeunes du monde qui les entourent, puisque non seulement le contenu du cours est différent, mais aussi parce que la manière même de résoudre les problèmes du quotidien invite à réfléchir autrement.

Enfin, l’apprentissage de la programmation informatique sera démocratisé. Les étudiants qui n’ont pas les moyens de partir étudier à l’étranger pourront le faire sur place. Il faut savoir qu’il n’existe pas, au Niger, d’écoles spécialisées dans l’enseignement du code informatique.

Une mission du gouvernement

Aujourd’hui, malgré d’innombrables projets financés par des bailleurs, très souvent étrangers, on voit bien que globalement les jeunes au Niger mais également sur le continent manquent de repères. Ils ne savent généralement pas vers qui se tourner pour participer à cette révolution numérique dont on leur parle. Il est donc clair que nos gouvernements doivent s’engager pour un impact plus conséquent.

Au Niger, tout le monde ne dispose pas forcément d’un ordinateur. C’est le rôle de l’État de mettre en place une infrastructure spécialement dédiée et totalement équipée, comme l’école 42 en France. Sauf que contrairement à l’école 42 qui est privée, l’État nigérien devrait faire l’effort de mettre à la disposition de ses citoyens une initiative de ce type totalement publique et gratuite.

Personnellement, je ne pense pas que le développement du Niger passera par un schéma d’industrialisation classique. Je pense que l’État devrait investir davantage dans le développement de pôles numériques puisqu’ils sont moins onéreux à mettre en place, en plus d’être de potentielles sources d’emploi. Construire une telle école sera beaucoup moins coûteux que la réalisation d’installations industrielles lourdes. Et puis, de toute manière, on sait d’expérience que les retombées de ces industries ne profitent jamais aux citoyens. Tandis qu’enseigner, c’est avant tout transmettre des connaissances pratiques et utiles aux apprenants. De même, n’oublions pas que la programmation informatique est vraiment l’avenir du monde. Aujurd’hui, les cinq plus puissantes entreprises du monde que sont Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft (GAFAM) sont issues du numérique. Enseigner la programmation informatique pourrait permettre aux nigériens d’implémenter leurs rêves dans des algorithmes. Ce qui, à terme, contribuera forcément à l’économie du pays.

Voilà, j’espère avoir été bref et surtout apporté quelques éléments de réflexion quant à une possible évolution de l’environnement scolaire nigérien.

Lisez, partagez, et surtout dites moi ce que vous en pensez 😉

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