Réchauffement climatique, ce que je constate

Depuis des années, scientifiques et activistes ne cessent de tirer la sonnette d’alarme. Le réchauffement climatique est une évidence et des mesures collectives doivent être prises. Mais dans ce partage de responsabilité il y en a qui, visiblement, nagent entre deux eaux.

Quelques jours après la fin de la COP 23, je vous propose mon regard d’africain sur cette lutte contre le réchauffement global qui nous dépasse un peu.

Comment lutter contre le réchauffement climatique ?

C’est simple : Arrêtons de rejeter trop de gaz carbonique dans l’atmosphère. Il faudrait aussi que tous les pays, dont les plus pauvres, diminuent leur production de CO2. J’ai plusieurs fois échangé avec des villageois sur ces questions et j’avoue qu’ils restent parfois sans voix.

Comment expliquer à des personnes qui vivent sans aucune forme d’énergie que celle que la Terre fournie saison après saison de diminuer leur consommation énergétique pour sauver le monde ? Sauf si vous compter équiper tout le monde de panneaux solaires, ce qui est loin d’être le cas.

Sur cette photo, nous pouvons avoir un aperçu du niveau de vie dans un village au Niger. On constate qu’il n’y a aucune installation électrique pouvant servir à pomper cette eau. De même, aucun véhicule motorisé n’assure le transport des bidons d’eau.

s'adapter au réchauffement climatique

Je crois qu’au Niger, et de manière générale dans les pays pauvres, le message qui sera acceptable consisterait à dire : « vous devez construire votre avenir sur les énergies renouvelables ».

C’est vrai qu’une aide a été promise, mais pour le moment, il semble que les financements restent coincés quelque part, dans les paradis fiscaux peut-être?
Personnellement, je pense que le réchauffement climatique c’est comme les impôts. Ce sont toujours les plus pauvres qui paient.

Sur ce graphique on peut constater le gouffre énergétique qui sépare les pays pauvres de ceux développés.

Ces quelques aperçus nous apprennent que ceux qui polluent le moins paieront pourtant le plus lourd tribut. Car les industriels pillent les matières premières des pays pauvres via des clauses contractuelles mitigées.

Le double discours des décideurs occidentaux

Même si le retrait de l’administration Trump de l’accord de Paris ne traduit pas la volonté du peuple américain, il semble que ce hic est loin d’être un cas isolé.

On répète assez souvent que le modèle économique allemand est l’exemple à suivre. En effet, la balance commerciale de ce pays est souvent excédentaire et tout le monde applaudi. Cependant, la sortie de l’Allemagne du nucléaire s’est avérée être une vraie catastrophe pour l’environnement. L’économie de ce pays est en fait dopée à 40 % par un charbon très polluant. Madame Merkel n’est plus la chancelière « verte » tant acclamée en 2011.

À Blagnac (France), on applaudit aussi à l’annonce d’un contrat monumental pour la vente de 430 Airbus, alors que la COP 23 se passe juste à côté. Construire et exploiter ces avions laissera une emprunte carbone non négligeable. Tout ceci n’est pas tellement écologique car entre les discours et la réalité il y a les affaires.

Sommes-nous réellement prêt à changer nos habitudes ?

Si adaptation il devait y avoir, les pays pauvres s’en sortiront sûrement avec peu de contrainte. Par contre, dans les pays développés je pense qu’il serait très difficile de convaincre la population à abandonner son mode de vie énergivore.

Les scientifiques disent que pour rester en dessous de 2° de réchauffement d’ici à 2050, il faut laisser les réserves de charbon, de gaz et de pétrole  à respectivement 80, 50 et 32% dans le sous-sol, soit 500 Gigatonnes de CO2. Sauf que les industriels (Total, Shell,etc) ont en réserve 2500 Gigatonnes de CO2 qu’ils ont prévu d’exploiter. La preuve, cette année les émissions de CO2 ont connu une nouvelle hausse de 2% par rapport à 2016.

Aujourd’hui, l’occident ne peut pas renoncer aux sources d’énergie fossiles. Il faudrait effectivement imposer à chacun des changements radicaux dans la vie de tous les jours. Ce qui est difficilement applicable dans une démocratie. Par exemple, le groupe industriel énergétique français (Engie) a dû renoncer à son projet d’éoliennes parce qu’il se trouve situé sur un ancien champ de bataille où reposent des milliers de soldats australiens.

Le pétrole et le charbon restent à ce jour des sources d’énergies irremplaçables. C’est ce qui a expliqué la volte-face de Nicolas Hulot sur la question de la sortie du nucléaire. Mieux vaut susciter l’indignation de quelques écologistes que provoquer une crise de contestation sociale sans précédent.

Pourtant, la lutte contre le réchauffement climatique devrait se passer tous les jours et non en novembre lors des différentes COP. Tout le monde doit faire des efforts sinon « il sera bientôt trop tard ». L’humanité doit être consciente de ce qu’elle risque, car avec ou sans l’homme la planète tiendra toujours debout.

1 Commentaire

  1. Vraiment j’ai lu avec beaucoup d’attention, je me focalise de là où vous avez dit »ce toujours le pauvre qui paient »suis d’accord avec…
    Je trouve ça très pertinente 5/5
    Merci

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